Le CID sur la Bluezone de Kaloum

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Tragédie et comédie, amour et honneur, le Cid de Corneille dans un univers mandingue s’implante à la Bluezone le temps d’une représentation. Ansoumane Djessira Condé nous livre ses impressions de metteur en scène.

Cid

Comment avez-vous eu l’idée de créer cette pièce ?

Le Cid est une proposition de Daniel Couriol, Directeur Général du Centre Culturel Franco Guinéen CCFG, un homme de théâtre et d’humour. La thématique : amour et honneur qui ont une résonnance forte dans l’univers culturel guinéen. La pièce s’inscrit donc dans le contexte social du pays où souvent l’amour cède à l’honneur. C’est le cas dans bien des relations, où des jeunes gens de castes différentes ne peuvent s’épouser par honneur.

J’ai transposé l’histoire du Cid dans le cadre mandingue, cela me donne la possibilité de traiter la pièce avec un langage et des coutumes d’un espace culturel connu de tous.

La Bluezone est un espace composite où des gens de milieux différents et de niveau d’éducation hétérogène se côtoient, comment avez-vous appréhendé cela ?

Dans le cadre de ses politiques, le CCFG décentralise ses créations théâtrales pour donner la possibilité d’aller à la rencontre de nouveaux publics. La Bluezone est donc une opportunité majeure que l’on saisit avec plaisir. Ce n’est pas un espace conventionnel.

Il est parfaitement adapté au théâtre comme le CCFG, tant du point de vue espace que public. Pendant la représentation, il y a des gens qui surfent calmement sur le net, d’autres qui jouent, pas loin, au football.

Une mise en scène se doit de s’adapter au contexte et à l’environnement et c’est ce que je fais, en adaptant la pièce à l’univers de la Bluezone.

Le Cid est aussi un texte bien plus accessible que Tartuffe de Molière par exemple. Le public n’a donc pas eu de mal à entrer dans l’univers du Cid.

Il faut dire aussi que les acteurs ne fournissent pas le même effort à la Bluezone qu’ailleurs.  L’espace étant à l’extérieur, l’acoustique est différent, la salle plus en longueur, cela demande plus d’effort aux acteurs qui ont su relever le défi avec brio.

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